La Géographie animale de Jean Lurçat

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A l’occasion de l’anniversaire des 50 ans de la mort de Jean Lurçat (1892–1966), la médiathèque propose de donner à voir sa création picturale et poétique, aspect moins connu de son univers artistique, en présentant un ouvrage issu du fonds de bibliophilie, composé de lithographies et de textes inédits.


Artiste complet, homme de conviction et d’engagement, il est reconnu comme le grand rénovateur de la tapisserie contemporaine, dont il a œuvré à la renaissance au XXe siècle. Mais il est également un peintre majeur, dont l’œuvre est à redécouvrir.

L’ouvrage Géographie animale est consultable sur demande auprès des bibliothécaires. Il sera présenté tout au long de l’été, dans les vitrines consacrées aux collections patrimoniales, au RDC et au 1er étage de la médiathèque.
Vous pouvez consulter également la sélection d'ouvrages sur Jean Lurçat préparée par les bibliothécaires.

 

 


Géographie animale
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Jean Lurçat
Genève : Edito Service / André Gonin éditeur, sans date (circa 1960)
In folio en feuilles sous chemise et boîtier ; 35x27 cm ; non paginé. Illustré de 18 lithographies originales en couleurs, pleine page.
Collection Médiathèque de Brive – Fonds de bibliophilie – 848 LUR

Vraisemblablement entré dans la collection de la médiathèque au cours des années 1980, cet ouvrage est un fac-similé de l’édition originale, précédemment éditée à Lausanne en 1948 par André Gonin.

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Le bestiaire
est l’une des figures artistiques privilégiées de Jean Lurçat. Dans les années 1940, il en réalise plusieurs séries, travaillées principalement à la gouache sur papier, qui aboutiront avec la publication d’un magnifique Bestiaire fabuleux, en 1951.

Le coq, le papillon ou encore la chouette sont quelques-uns des motifs récurrents de ce travail, côtoyant des animaux imaginaires ou mythiques. On les retrouve dans cette Géographie animale, qui présente également la pieuvre, le sphinx ou la marmotte. Sous la forme de lithographies reproduites en couleur en pleine page, ces figures accompagnent et dialoguent avec des textes courts, poésies en prose d’une dizaine de lignes, dans lesquelles on retrouve le bel univers onirique, fabuleux et mythologique de l’œuvre de Jean Lurçat, grâce à la force de l’expression et la puissance imaginaire de ces textes, mais aussi à travers l’éclat des couleurs des lithographies.

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Personnage solaire, profondément engagé dans le combat pacifiste et pour la liberté, Jean Lurçat a participé à la lutte clandestine dans le Lot, entre 1942 et 1944, intégrant le Comité de Libération du Lot. Ces 18 lithographies, accompagnées de 18 poèmes, ont d’ailleurs été composés par Jean Lurçat à la mémoire de son fils adoptif, Victor Soskice, parachutiste capturé en 1944 puis exécuté, à qui l’ouvrage est dédié.
Artiste emblématique de la tapisserie, Jean Lurçat fut également peintre, céramiste, designer avant l’heure, et poète. Dans ses œuvres, souvent expérimentales et inédites dans leur technique comme dans leur style, le symbole le dispute à la poésie. Entraînant nombre d’artistes dans son sillage, il a su rénover et porter au plus haut l’art ancestral de la tapisserie, mais aussi utiliser sa créativité pour défendre dans son œuvre ses convictions, son sens de la justice et de la paix.

Dans le cadre de la commémoration du cinquantenaire du décès de Jean Lurçat en 2016, plusieurs évènements rendent hommage à l’artiste et à son œuvre.
A proximité de Brive, deux sites sont notamment à découvrir :
- L’Atelier-Musée de Jean Lurçat, au château de Saint-Laurent-les-Tours, à Saint-Céré dans le Lot, qui a rouvert ses portes ce printemps, avec une exposition exceptionnelle réalisée à l’occasion du cinquantenaire de la mort de l’artiste : « Jean Lurçat, aventures lotoises », du 16 avril au 30 septembre 2016.
- La Cité internationale de la tapisserie, à Aubusson, qui rouvrira ses portes à partir du 10 juillet 2016, et qui possède dans ses collections d’importantes œuvres de Lurçat.

Riche de 180 ouvrages, le fonds de bibliophilie de la médiathèque rassemble des ouvrages appartenant au patrimoine écrit contemporain, remarquables par leur typographie, leur reliure ou leur emboîtage, mais aussi par les illustrations, eaux fortes ou lithographies le plus souvent, qui viennent compléter le texte. Chaque ouvrage est le fruit d’une collaboration artistique ou artisanale et possède ainsi une valeur et une histoire particulières, qui inscrivent la bibliophilie comme un fonds à part au sein de la collection conservée à la médiathèque.

 

Photos jean lurcatJean Lurçat (1892 – 1966)

Jean Lurçat naît en 1892 à Bruyères, dans les Vosges. Après des études en sciences naturelles, il décide d'abandonner la carrière médicale à laquelle son père le destine. En 1912, il part pour Paris, où il fréquente l'École des beaux-arts. En convalescence chez ses parents après son engagement dans l’infanterie en 1914, il peint sa première lithographie. Sa mère exécute ses premières tapisseries au point de canevas.

Les années 1920 le voient voyager à Berlin, Munich et Rome, Naples, Palerme, puis aux Etats-Unis ainsi qu'à Moscou, avant de s'installer à Paris. Les pays méditerranéens l'inspireront longtemps. Il compose des décors et des costumes pour plusieurs compagnies de théâtre et de danse, il expose des gouaches, des huiles, et des tapisseries.

En 1936 est exécutée sa première tapisserie, Les illusions d'Icare, tissée à la Manufacture nationale des Gobelins. La découverte de L'Apocalypse d'Angers, la plus grande tapisserie du monde, tissée au XVe siècle par Nicolas Bataille, va s'avérer capitale pour Lurçat. En 1939 il supervise à Aubusson l'exécution de sa première œuvre monumentale, Les quatre saisons.

De 1941 à 1942, il travaille en collaboration avec Raoul Dufy, à Collioure, puis s'installe dans le Lot où il participe à la lutte clandestine. Il exécute une tapisserie, Liberté, qui a pour thème le poème de Paul Eluard. En 1944 il est nommé membre du Comité de libération du Lot ; il dirige l'hebdomadaire Liberté et Les Etoiles du Quercy.

1945 marque pour Lurçat le début des grandes expositions : « La tapisserie française du Moyen Age à nos jours », est organisée au Musée national d'art moderne de Paris en 1946 puis à Amsterdam, Bruxelles et Londres en 1947.

En 1954, il achève la très importante tapisserie Hommage aux morts de la Résistance et de la Déportation (4 x 12 m), destinée au Musée national d'art moderne de Paris. En 1956-1957, une série d'expositions a lieu en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Jean Lurçat compose de grandes tapisseries : Les Indes (2,40x4,50 m), Jours heureux (5x5 m), Nuit heureuse (3,25x12m). Il commence l'exécution d'une série de tentures devant atteindre 500 mètres carrés, groupées sous le nom général de Chant du Monde. Elles seront exposées en 1964 au Musée des arts décoratifs de Paris.

Jean Lurçat décède le 6 janvier 1966, à Saint-Paul-de-Vence.

 

 

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