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Aline Mura-Brunel,
professeur des Universités, enseigne la littérature française des XIXe et XXe siècles à l'Université de Tours, après avoir enseigné pendant 10 ans à celle de Pau.
De manière originale, elle vous amène dans un voyage aux frontières de la critique littéraire, de la recherche universitaire et de la théorie de la littérature, plus spécifiquement consacré à l'évolution du personnage dans le roman au cours de cette période.

Cette rencontre sera ponctuée de lectures par le théâtre du cri, et sera suivie d'une vente , dédicace de ses livres par la maison d'édition Le lavoir Saint Martin.

Auteure entre autre de : Des voix dans la nuit : Dans la solitude des champs de coton : Bernard-Marie Koltès (éditions Le lavoir Saint Martin, 2015),  elle interviendra, le vendredi 22 mars à 20h30, au Théâtre de la grange, après la séance de lectures de larges extraits de la pièce, Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès, par le théâtre du cri.


Aline Mura-Brunel vous propose son analyse, au travers de l’œuvre de deux écrivains, que près de deux siècles séparent, Balzac et Modiano, qui souligne l'évolution des mentalités et incarne leurs époques respectives, tout en visant, autant que faire se peut, l'universalité.

En effet, au XIXe siècle, le personnage de roman constitue une instance organisatrice et unificatrice
: il est présenté, Livre Modianodécrit, mis en situation et régi par le narrateur omniscient. Or, si le roman du XIXe repose structurellement sur le personnage, c’est que le sujet est triomphant. Le « moi » après avoir été haïssable au siècle de Pascal est devenu « aimable » avec Musset. Tous les Romantiques le chantent dans leurs œuvres poétiques et autobiographiques. Dans le roman dit « réaliste », c’est l’être de papier qui prend en charge la foi dans l’être de chair.

Il n’est donc pas étonnant qu’après avoir été le moteur de la création romanesque au moment où l’individu était triomphant, le personnage devienne le lieu du trouble dans les romans ultérieurs, cristallisant les angoisses et traduisant la perte des repères et des valeurs. Une même interrogation inquiète traverse nombre de récits du XXe siècle et du XXIe commençant : elle restitue, sur des modes divers, la faille qui incite à écrire et à reproduire ce geste, en dépit de son inanité proclamée. Cependant, à partir de 1980, l'observateur assiste au retour en grâce du sujet et de la narration ainsi qu'à une relecture des chefs-d'œuvre  du passé, notamment ceux de Balzac,

En effet, les quatre-vingt onze romans de La Comédie humaine illustrent parfaitement la glorification de sujets énergiques et volontaires dans lesquels les lecteurs purent et peuvent se reconnaître. Quant à l'œuvre  de Patrick Modiano, couronnée par le Prix Nobel en 2014, elle montre au contraire des êtres évanescents et indécis, défaillants et prisonniers d'un passé qui les hante.

 

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