Zoom sur...

Hommage à Luis Sepulveda

Luis sepulvedaLuis SEPULVEDA vient de nous quitter…

Si vous voulez lire ou relire certains de ses ouvrages, vous pouvez vous en procurer en livres électroniques, en vous inscrivant sur la médiathèque numérique de la Corrèze : https://correze.bibliondemand.com/

- Le vieux qui lisait des romans d'amour

- Deux idées du bonheur

- Ingrédients pour une vie de passions formidables

Et revoir en film d'animation l'adaptation de La mouette et le chat....

Pour retrouver un livre coup de coeur de Luis SEPULVEDA, cliquer ici

 

Découvrez sa biographie dans Actualitté :

https://www.actualitte.com/article/monde-edition/luis-sepulveda-emporte-par-le-coronavirus/100269?fbclid=IwAR3ysOFuKKufDFDlCe0bVdEBthgGnYr6IQLPK4fZyKbtz5lKwzopmyiJnLU


En attendant de pouvoir en emprunter à la réouverture de nos médiathèques ...

Hommage à Christophe

ChristopheChristophe – Les vestiges du chaos

Je dois l’admettre, Christophe pour moi, c’était un gars sympathique aux joues creuses,   la moustache tombante et le regard masqué derrière des lunettes. Il y a longtemps, il avait pleuré  des mots bleus à l’attention d’une dénommée Aline qui refusait obstinément de revenir car il avait joué avec ses marionnettes. Depuis il continuait  de sortir des disques qui, loin d’être mauvais ne me laissaient pas de souvenirs impérissables.  Et puis, en 2016, nous avons reçu ce qui deviendrait son ultime album. J’allais laisser à ma collègue en charge de la musique Francophone le soin de gérer cet album, lorsqu’un nom à l’arrière de la pochette attira mon attention. Alan Vega ! Que pouvait bien faire cette icône borderline de l’électro protopunk  avec un chanteur de variété française à la voix fragile ? Triste hasard, le Newyorkais venait juste de décéder. L’album Les vestiges du chaos de Christophe était donc sa dernière collaboration.

Impatient de connaitre ce qu’il pouvait résulter de ce duo atypique j’ai directement mis le titre Tangerine.

https://www.youtube.com/watch?v=5pOyWHN0ezQ

 Une intro très électro, une basse saturée d’overdrive, un rythme dansant et enfin  la voix d’Alan Vega. Son phrasé est immédiatement reconnaissable, comme sur  Jukebox baby ou Ghost rider.

https://www.youtube.com/watch?v=a7uBOuCjymE

Arrive le refrain, chanté par Christophe, d’une voix moins aigue que dans mes souvenirs. Le contraste des deux voix, la première rauque, mi parlée, mi chantée et la seconde mélodieuse et fragile, fonctionne parfaitement bien. Je me passe le morceau trois fois d’affilée avant de jeter une oreille curieuse au reste de l’album. Bien que moins entrainant, les autres titres sont tout aussi réussis,  divisés entre chansons d’amour et musiques plus expérimentales. Sur certains morceaux comme par exemple Ange sale ou Les Vestiges du Chaos, j’imagine très bien Bashung chanter, c’est dire s’ils sont bons !!

https://www.youtube.com/watch?v=Koa3NHruS08

https://www.youtube.com/watch?v=y3FB2MEMAdM

Alors pour ceux qui veulent découvrir l’autre versant de la discographie de Christophe, je vous suggère de commencer  par son sommet, ce dernier album.

Laurent


France Inter vous propose pour rester encore avec lui, de découvrir sa carrière et ses chansons.

https://www.franceinter.fr/culture/le-chanteur-christophe-est-mort-50-ans-de-sons-s-envolent-dans-les-paradis-perdus?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR0nVvjJ89cJBdbbF4qMNNQHNL5Jv0Gje9UewvT_7CpI_qX3eA86xMZC4-I#Echobox=1587103867

A la réouverture de la médiathèque, vous pourrez emprunter ses albums...

Culottées de Pénélope Bagieu

CulotteesVous n'avez pas eu l'occasion d'emprunter à la médiathèque les 2 volumes de Culottées de Pénélope Bagieu, paru chez Gallimard ?

Il s'agit de trente portraits de femmes qui ont osé faire voler en éclats les préjugés et changé le monde à leur manière.

L'histoire de ces femmes a été adaptée en mini-série 100 % animation par France 5, réalisée par deux femmes, et doublée par la voix de Cécile de France pour tous les personnages.


A découvrir absolument !

https://www.france.tv/france-5/culottees/

Hommage à Manu Dibango

Manu dibangoLe 24 mars décédait le chanteur saxophoniste Manu Dibango des suites du Coronavirus. Cet artiste originaire du Cameroun, était un nomade musical incorporant dans ses compositions, au fil de ses voyages et ses envies, de nombreux styles musicaux comme le jazz, le reggae, l’afrobeat, les musiques latines et africaines et le hiphop. Cet auteur prolifique, plus de 40 albums produits, précurseur de la World music, a accompagné de nombreux artistes, sur scène ou sur disques. Certains lui ont emprunté, avec ou sans son accord, pas mal de ses compositions ou lignes mélodiques. L’exemple le plus marquant étant le titre Soul Makossa, face B d’un 45 tours édité en 1972 que Manu Dibango avait écrit à l’occasion de la huitième coupe d’Afrique des nations à Yaoundé et qui est devenu le plus gros tube africain de tous les temps. On retrouve le thème du titre sur « Wanna be startin’ somethin » figurant sur l’album Thriller de Michael Jackson ou sur le titre « Don’t stop the music » de Rihanna.

https://www.youtube.com/watch?v=o0CeFX6E2yI

Ces «emprunts » ne furent pas crédités et  pour faire valoir ses droits, Manu Dibango intenta une action en justice à ses frais. Il obtint 2 millions de francs de Michael Jackson en guise dédommagement  et l’abandon définitif sur les droits d’auteur passés et à venir. C’est une belle somme pour l’époque mais qui peut prêter à sourire lorsque l’on sait que l’album Thriller s’est vendu à plus de 66 millions d’exemplaires depuis sa sortie. Et de la part de Rihanna ? Nada…

Confinement oblige et guidé par cette triste actualité je réécoute l’album Waka Juju, exemplaire vinyle de 1982.

https://www.youtube.com/watch?v=iFKf4MqTFoM&feature=youtu.be

Je ne me rappelle plus comment c’est glissé à l’époque, ce disque au milieu de ma collection, constituée dans sa grande majorité de groupes post-punk et Cold Wave ! Je l’avais découvert par hasard, coincé entre  Clash et Joy Division et intrigué par la pochette (superbe dessin réalisé par l’illustrateur Edoardo di Muro) je déposais la galette sur la platine. Dès les premiers instants mes Docs se sont mises à battre le rythme et mes cheveux (déjà passablement hérissés) se sont dressés sur mon crâne ! A cette époque j’étais complètement étranger à la world music et aux musiques africaines, mon expérience de sonorités « exotiques » se résumait à l’écoute assidue du premier LP de Linton Kwesi  Johnson, poète Dub originaire de la Jamaïque ! (Cet album est disponible à la Médiathèque et je vous le conseille vivement) Incapable de disséquer les différents courants musicaux qui constituaient cette musique entrainante et chaloupée, je me laissais emporter vers des contrées lointaines où le sable brûlant rongé par une mer limpide ceinturait une forêt luxuriante peuplée d’africaines avenantes à demi nues. Bref je délirais. Mon voyage enfiévré fut brusquement interrompu par l’arrivée impromptue de trois énergumènes crêtés et vêtus de cuir qui constituaient alors mon cercle d’amis. Imperméables à la moiteur de ce groove séculaire, c’est un d’œil circonspect qu’ils considérèrent cet instant de grâce qui me voyait onduler sur mon matelas en psalmodiant d’une voix qui se voulait profonde, des paroles dont je ne comprenais pas le moindre mot. Je répétais inlassablement « Sicalé sumpa onko aé », traduction phonétique d’une douce  litanie que chantait un chœur féminin sur le titre « Doula » tout en invitant le trio d’épingles à nourrice à me rejoindre. Etait-ce le choc de la découverte de sonorités si prégnantes ou la peur de se mesurer à un corps déjà  habité par le cœur tumultueux de l’Afrique sauvage? Ils préférèrent quitter la pièce non sans avoir au préalablement subtilisé  ma réserve de bières. Les barbares !

https://www.youtube.com/watch?v=rrJ1Lg5gXjs&feature=youtu.be

Et me revoilà, enmanu dibango cd ce jour si pesant de confinement, à être de nouveau hypnotisé par cette musique et entrainé loin de ces jours sans fin. La magie joue toujours. Les claviers aux harmonies si caractéristiques des années 80, le jeu du batteur Brice Wassy qui conjugue rythmes ternaires, syncopes et percussions traditionnelles, le saxophone rond et jovial de Manu Dibango et surtout les  compositions qui mixent la musique traditionnelle Yoruba du Nigéria et le jazz !

https://www.youtube.com/watch?v=Rl_npxEP-Nw&feature=youtu.be

https://www.youtube.com/watch?v=rdl4z9InK1s&feature=youtu.be

https://www.youtube.com/watch?v=PHR4fCouBL8&feature=youtu.be

Waka Juju reste pour moi un des meilleurs albums de Manu Dibango, la nostalgie sans doute. Il est aussi, pour ceux qui le connaissent, une des pièces majeures de sa discographie. Il est difficile de trouver ce disque de nos jours car étrangement il n’a bénéficié que d’une seule sortie en CD en 1990 et a été réédité en vinyle en 2019 en tirage limité. Espérons que le label ait la bonne idée d’actualiser son catalogue pour que vous puissiez, à votre tour, danser avec des déesses africaines !

Laurent

Le Printemps des poètes

printemps des poetes

 

Le Printemps des poètes est une manifestation francophone créée en mars 1999, se déroulant en France et au Québec.

Evènements à venir